Droit

09 fév 2009

Acheter un bar en Thaïlande

A mon agence immobilière (Phuket Immobilère Agency), je reçois régulièrement des demandes de personnes qui, comme Laurent ci-dessous, souhaitent acheter un bar à Phuket ou dans une autre station balnéaire de Thaïlande.

"Un ami et moi-même aimerions ouvrir un bar à Patong dans le but d'en vivre et de subvenir à nos propres besoins. 

... Concernant notre bar, nous ne voulons pas engager de prostituées, simplement des filles qui attirent le client dans le bar ainsi que des serveuses, nous ne voulons pas nous attirer des problèmes." ...
Laurent B.

Alors cher Laurent, que vous soyez Français ou non, avant de vous lancer dans cette opération, prenez le temps de consulter le code pénal français, au Chapitre V sur les "atteintes à la dignité de la personne", que vous trouverez sur le site de Legifrance.gouv.fr ou bien de Lexinter.net , et dont je reproduis ici quelques morceaux choisis.

CODE PENAL
(Partie Législative)


Section 2 : Du proxénétisme et des infractions qui en résultent

 

Article 225-5

(Loi nº 2001-1062 du 15 novembre 2001 art. 60 Journal Officiel du 16 novembre 2001)

(Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002)

(Loi nº 2003-239 du 18 mars 2003 art. 50 1º Journal Officiel du 19 mars 2003)

   Le proxénétisme est le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit :
   1º D'aider, d'assister ou de protéger la prostitution d'autrui ;
   2º De tirer profit de la prostitution d'autrui, d'en partager les produits ou de recevoir des subsides d'une personne se livrant habituellement à la prostitution ;
  3º D'embaucher, d'entraîner ou de détourner une personne en vue de la prostitution ou d'exercer sur elle une pression pour qu'elle se prostitue ou continue à le faire.
   Le proxénétisme est puni de sept ans d'emprisonnement et de 150000 euros d'amende.

 

Article 225-6

(Loi nº 2003-239 du 18 mars 2003 art. 50 1º Journal Officiel du 19 mars 2003)

   Est assimilé au proxénétisme et puni des peines prévues par l'article 225-5 le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit :
   1º De faire office d'intermédiaire entre deux personnes dont l'une se livre à la prostitution et l'autre exploite ou rémunère la prostitution d'autrui ;
   2º De faciliter à un proxénète la justification de ressources fictives ;
  3º De ne pouvoir justifier de ressources correspondant à son train de vie tout en vivant avec une personne qui se livre habituellement à la prostitution ou tout en étant en relations habituelles avec une ou plusieurs personnes se livrant à la prostitution ;
  4º D'entraver l'action de prévention, de contrôle, d'assistance ou de rééducation entreprise par les organismes qualifiés à l'égard de personnes en danger de prostitution ou se livrant à la prostitution.

 ...

Article 225-10

(Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002)

(Loi nº 2003-239 du 18 mars 2003 art. 50 1º, art. 51 Journal Officiel du 19 mars 2003)

   Est puni de dix ans d'emprisonnement et de 750000 euros d'amende le fait, par quiconque, agissant directement ou par personne interposée :
   1º De détenir, gérer, exploiter, diriger, faire fonctionner, financer ou contribuer à financer un établissement de prostitution ;
   2º Détenant, gérant, exploitant, dirigeant, faisant fonctionner, finançant ou contribuant à financer un établissement quelconque ouvert au public ou utilisé par le public, d'accepter ou de tolérer habituellement qu'une ou plusieurs personnes se livrent à la prostitution à l'intérieur de l'établissement ou de ses annexes ou y recherchent des clients en vue de la prostitution ;
  3º De vendre ou de tenir à la disposition d'une ou de plusieurs personnes des locaux ou emplacements non utilisés par le public, en sachant qu'elles s'y livreront à la prostitution ;
  4º De vendre, de louer ou de tenir à la disposition, de quelque manière que ce soit, d'une ou plusieurs personnes, des véhicules de toute nature en sachant qu'elles s'y livreront à la prostitution.
   Les deux premiers alinéas de l'article 132-23 relatif à la période de sûreté sont applicables aux infractions prévues par les 1º et 2º du présent article.

...

Que ce soit à Patong, à Pat Pong ou à Pattaya, la plupart des bars emploient des "filles qui attirent le client", comme le dit Laurent. Ces filles sont généralement rémunérées par le bar qui achètent ainsi leur fidélité au lieu. Mais cette rémunération n'est généralement pas suffisante à les faire vivre. Elles se prostituent donc. Les gérants de bar ne peuvent protester de leur bonne foi car ils connaissent l'activité parallèle de ses filles puisqu'ils demandent même au client qui veut débaucher une fille avant la fermeture de "payer le bar".

Donc, cher Laurent, en achetant un bar, vous allez, à peu de frais, vous voir catalogué comme proxénète tant par la police Thaïlandaise, à qui vous fournissez un motif pour vous racketter, qu'au regard des autorités du pays dont vous êtes originaire. A partir de là, si pour une quelconque raison, on doit faire une enquête de moralité sur vous, quelle que soit votre argumentation vous aurez torts; car quand la justice vous a mis dans la case "criminel" elle ne vous en sort pas.
Cette éventualité peut intervenir à l'occasion d'événements diverses: la candidature à un emploi ou à une élection quelconque (même une élection qui n'est a priori pas importante), la demande de la garde d'un enfant après un divorce, l'obtention d'un prêt sur l'honneur, etc... Il y aura toujours une bonne âme pour rappeler votre passé.

Du côté Thaïlandais, ne comptez pas trop sur l'indulgence de la police. D'autant plus qu'avec la crise, il y a ici, comme ailleurs, un réflexe protectionniste; et que les autorités profitent du moindre incident pour essayer de démontrer que les étrangers ne peuvent qu'avoir un influence néfaste sur le royaume. D'ailleurs, pour compléter une série d'arrestations devenues quasi hebdomadaires, un britannique vient de se faire arrêter pour avoir organisé des partouzes entre Européens. Il risque 10 ans de prisons. 
(Lire l'article du Nation:
 http://www.nationmultimedia.com/2009/02/06/national/national_30095132.php)

A coté de cela, vous allez devoir côtoyer un certain milieu, qu'on appelle justement le milieu.

Beaucoup de problèmes en perspective, pour une entreprise qui promet d'être terriblement ennuyeuse (imaginez les discussions qu'on peut avoir avec des clients ivres et des prostituées).

Enfin, du point de vue de votre conscience, et cela quel que soit la religion ou le système philosophique que vous adoptez, abstenez-vous de commettre des actes que vous pourriez regretter un jour.
Gardez à l'esprit que, même si certaines filles s'en sortent bien, même si la plupart ne sont pas "forcées" de se prostituer (elles le sont, de toutes manières, pour des raisons économiques), quand on parle de prostitution, on parle de l'exploitation d'un être humain; et, en gérant un bar, vous participez au système.

15 oct 2008

Créer une entreprise en Thaïlande

Je vais ici tenter de répondre à une question qui m'a été posée par un lecteur, M. Julien D.:

Salut a toi,

Je viens de tomber sur ton site par hasard, j'ai pour projet de vivre à l'étranger et mon dévolu s'est posé sur la Thaïlande.
Hélas je ne connais pas grand chose sur ce pays.
Je souhaite y monter une affaire avec les économies que j'ai de France.
Je sais qu'il faut trouver un Thaï pour pouvoir y travailler.
Si tu peux m'en dire un peu plus.
merci

julien


Bonjour Julien,

Merci pour votre message.

Avant tout, quoique vous fassiez en Thaïlande, il faut accepter le fait que le système est différent de celui de l'Europe; et, qu'en schématisant, il offre, certes, moins de sécurité mais plus de flexibilité.

En fait, légalement, les étrangers ont besoin de partenaires et d'employés de nationalité thaïlandaise pour pouvoir opérer en Thaïlande.
Ceci dit, d'un point de vue pratique, il peut s'agir (et il s'agit souvent) de prêtes-noms.

Pour obtenir un permis de travail, il faut:

  • monter ou acquérir une société par action: "Company Limited", l'équivalent de notre SARL (Société à Responsabilités Limités, c'est-à-dire où la responsabilité des actionnaires se limite à leur apport et ne s'étend pas à leurs biens propres),
  • dont le nombre total d'actionnaires doit être d'au moins 3 personnes (auparavant il en fallait 7),
    (Ces personnes peuvent être des personnes physiques ou morales. Cependant lors de la constitution, il faut mettre des personnes physiques, que l'on pourra remplacer par des personnes morales (c'est-à-dire des sociétés ou des associations elles-même enregistrées en Thaïlande.)
  • dont le nombre total de parts sociales détenues par des actionnaires étrangers ne doit pas dépasser 49% du capital,
  • dont le capital est d'au moins 2 millions de Baht par permis de travail demandé,
  • qui emploie au moins 4 employés de nationalités thaïlandaise par permis de travail demandé.

Cela à l'air compliqué, mais en réalité, il s'agit souvent d'un simple jeu d'écritures comptables, car, par exemple, les autorités ne vérifient en pratique pas que tout le capital a été libéré par les actionnaires lors de la création de la société.
Par ailleurs, les actionnaires thaïs (qui portent les 51% des parts) sont des prêtes-noms qui ont signé des cessions de parts en blancs, voire des reconnaissances de dettes et qui détiennent des parts dites "préférentielles" qui leur donne moins de droit que les parts des véritables propriétaires de l'entreprise.

En clair, avec un bon comptable ou avocat, vous pouvez utiliser une société, que vous contrôlez sans en être le propriétaire en nom propre, dont les actionnaires, le capital et les employés sont fictifs.
Bienvenu au Pays du Mensonge.

Si l'esprit vous choque n'allez pas plus loin, car vous ne changerez pas le pays.

Concrètement, si vous avez besoin, par exemple, de 2 permis de travail dans votre entreprise, il vous faudra "montrer" un capital de 4 millions de Baht (environ 80 000 €) et 8 employés thaïlandais (même si ceux-ci ne mettent jamais les pieds dans l'entreprise).

Vous trouverez des affaires à vendre (et parfois en location-gérance) sur mon site d'agence: www.phuketimmo.com.

En vous souhaitant bonne chance dans votre entreprise !

03 oct 2008

Les services d'immigration préparent une carte de "voyageur fréquent"

Le chef de la police de l'immigration, le Lieutenant Général de Police Chatchawan Suksomchit a annoncé l'introduction, d'ici la fin de l'année, d'une nouvelle "carte d'immigration", à l'usage de ceux qui entrent et sortent fréquemment de Thaïlande.
Cette carte s'adresse aux personnes qui visitent la Thaïlande 3 à 5 fois par an quelle que soit leur nationalité.

Les titulaires de la carte, Thaïs ou étrangers, pourront contourner les procédures de la police de l'immigration, qui comprennent la recherche de suspects et de personne sur les listes noires de l'immigration, et auront le privilège de passer par une procédure accélérée à l'aéroport.

Cette carte qui devrait être distribuée d'ici la fin de l'année, au milieu de la haute saison fait partie des efforts pour promouvoir le tourisme dans le royaume.

Malheureusement, comme d'habitude, les informations initialement données par l'administration thaïlandaise sont extrêmement vagues.
Pour commencer, je trouve le nom choisi malencontreux car "l'Immigration Card" ne s'adresse pas aux immigrants (extrêmement rare dans un pays qui n'accorde pratiquement jamais de titre de résident aux étrangers) mais aux touristes.
On ne sait pas qui peut obtenir cette carte ni comment. Encore une fois, le gouvernement donne l'impression de ne pas savoir exactement ce qu'il veut.
Ensuite, tout le monde se souvient des avantages accordés "à vie" à ceux qui avaient souscrit à la "carte élite" (à l'époque un million de Baht, soit 20 000 €), et qui ressemblait à ceux présentés ici (visa d'une durée de 5 ans, passage "V.I.P. à l'immigration, etc.). Ces services ont été annulé suite à la faillite de la carte (pourtant lancée par le gouvernement).

18 mai 2008

Vers une extension de la durée du Bail en Thaïlande?

D'après le Ministre des Finances Surapong Suebwonglee, le gouvernement pense étendre la période du bail au delà de 30 ans afin de stimuler l'activité économique.
Lors du forum d'investisseurs tenu par Euromoney les 13 et 14 mai à Bangkok, il aurait déclaré: "Cela a été discuté assez sérieusement durant les 2 ou 3 derniers mois. Nous devons penser au pourcentage de propriétés en bail et en société comparé au nombre d'année. la crise dans laquelle nous sommes plongée depuis 2 ans nous conduit à penser et à chercher de nouveaux modèles".

Même si le sujet est toujours extrêmement sensible et même si une proposition quelle qu'elle soit a peu de chance de passer les 3 lectures devant le Parlement requises avant adoption, le changement de langage est net.
Pour la première fois en 2 ans j'entends dire clairement qu'il y a un problème. Jusque là le gouvernement s'était contenter de noyer le poisson en espérant que l'opinion publique, et les investisseurs, oublient toutes les bourdes, écarts de langages et réglementations catastrophiques commises depuis le début des troubles politiques, c'est-à-dire depuis février 2006.
Pour la première fois, le mot "crise" est lâché et il y a un mouvement général pour essayer de trouver des solutions. Notamment, en mars dernier, le gouvernement Thaï a adopté des dispositions en matière de droit des société (cf http://www.phuketimmobilier.info/2008/03/le-gouvernement.html) et des allégements fiscaux (cf. http://www.phuketimmobilier.info/2008/05/rforme-fiscale.html) dans le but de stimuler l'activité économique et notamment le secteur immobilier.

14 mai 2008

Doit-on payer des taxes sur les propriétés immobilières en Thaïlande?

En réponse à une question qui nous a été posée sur notre site d’agence (www.phuketimmo.com):

 

Il n’y a pas d’impôt exactement équivalent à nos taxes foncières et taxes d’habitation. Les impôts qui s’en rapprochent le plus sont la « Land Tax » (taxe sur les terrains) et la « Structure Usage Tax ».

  1. La Land Tax, perçue sur les terrains, est si minuscule qu’en pratique les administrations chargées de la collecter ne le font pas ou bien attendent plusieurs années afin que les montants s’accumulent.
  1. La deuxième taxe (Structure Usage Tax), se rapportant aux bâtiments, est collectée par la mairie (municipal office) ou l’arrondissement (district office) et est appliquée uniquement aux propriétés utilisées à des fins commerciales.

13 mai 2008

Réforme fiscale favorable à l’immobilier en Thailande

En vue de relancer l’économie du royaume, le gouvernement a adopté en mars 2008 un certain nombre d’incitations fiscales aussi bien en faveur des personnes physiques que des entités juridiques, ainsi que pour privilégier et stimuler les transactions dans le secteur immobilier.
C’est le deuxième volet d’une série de mesure qui avait commencé par faciliter la création d’entreprise et dont nous parlions le 19 mars :
http://www.phuketimmobilier.info/2008/03/le-gouvernement.html#trackback

Des réductions fiscales ont été approuvées au profit des sociétés et notamment les PME ayant un capital social de moins de 5 millions Baht, pour lesquelles la tranche de profits de 0 à 150,000 bahts est désormais exemptée d’impôt. Les nouvelles sociétés introduites en bourse sur le SET ("Stock Exchange of Thailand") en 2008 bénéficieront également d’une réduction de l’impôt sur les profits de 30% à 25% pour une durée de 3 ans.

Enfin, les réductions fiscales les plus significatives sont celles consenties en vue de redynamiser le secteur immobilier.
Chaque vente de propriété immobilière donne lieu au paiement de timbres (0,5% du montant de la propriété tel qu’il est estimé par le cadastre), de frais de transfert de propriété et, le cas échéant d’une taxe spécifique d’activité (« Specific Business Tax ») qui est payable par un propriétaire ayant enregistré son bien depuis moins de 5 ans avant de le revendre (la notion de gain en capital n’existant pas en droit Thaï, cette « taxe spécifique d’activité » permet à l’état de  récupérer un peu d’impôt – on est rassuré pour lui).
En la matière, les frais de transfert de propriété ont été réduits de 2% à 0.01% et les taxes spécifiques d’activité ("specific business taxe") ont été réduites de 3.3% à 0.11%.

Prenons le cas concret d’une personne qui a acheté sa villa il y a moins de 5 ans et qui la revend aujourd’hui pour 400 000 €.
Pour faire simple, nous allons supposer que le montant estimé par le cadastre est égal au montant réel et que l’acheteur et le vendeur se sont mis d’accord pour que le vendeur paie intégralement la Taxe Spécifique.

Avant la réforme le montant des frais et taxes se seraient décomposé ainsi :

  • Montants payables par l’acheteur
    Timbre : 400 000 X 0,5% = 2 000 €
    Transfert : 400 000 X 2% = 8 000 €
    Total = 10 000 €
  • Montants payables par le vendeur
    Taxe Spécifique : 400 000 X 3,3% = 13 200 €
  • Grand Total = 23 200 €

Aujourd’hui

  • Montants payables par l’acheteur
    Timbre : 400 000 X 0,5% = 2 000 €
    Transfert : 400 000 X 0,01% = 40 €
    Total =  2 040 €
  • Montants payables par le vendeur
    Taxe Spécifique : 400 000 X 0,11% = 440 €
  • Grand Total = 2 480 €

Soit une diminution de 89,3% !

19 mar 2008

Le gouvernement thaï facilite la création de sociétés

Le gouvernement thaïlandais, poussé par le Ministère du Commerce, est en train d'adopter des amendements majeurs à plusieurs dispositions du droit des sociétés et des associations dans le but de simplifier ou de supprimer les procédures inutiles statutaires au titre du Code civil et commercial. La modification a été publiée dans le Journal Officiel le 3 mars 2008 et sera effective le 1 er juillet 2008.

Entre autres choses, le minimum obligatoire pour constituer une société anonyme est réduit de sept actionnaires à trois. Les entreprises existantes autant que les nouvelles pourront profiter de la nouvelle loi.

Requérir seulement trois personnes au lieu de sept pour signer le mémorandum d'association (M.o.A. équivalent du projet de statut de la société) rendra le processus plus facile et plus rapide.

Un haut fonctionnaire du Ministère du commerce prétend que l'avantage pour les entreprises existantes sera que les actionnaires prête-noms détenant des participations minoritaires (normalement une part chacun) auront la possibilité de se retirer de la société. De nombreuses entreprises se préparent à réduire le nombre de leurs actionnaires.

Contrairement au nombre sept, qui n'a jamais été clarifié, le minimum de 3 associés s'explique par l'exigence de la majorité des actionnaires pour prendre certaines décisions qui existe encore dans certains statuts (si le nombre était pair, on verrait des cas où il serait impossible de départager les voix).

Un autre changement apprécié est que le processus d'intégration qui prend au moins neuf jours au titre de la présente loi pourra ne prendre qu'une journée dans le cadre de la nouvelle loi.

La nouvelle loi prévoit que tant la société que les statuts (ou M.o.A.) de celle-ci pourront être enregistrés en même temps en une journée, si toutes les conditions requises sont réunies lors de l'assemblée statutaire. Ceci est un pas en avant qui contribuera à aligner la Thaïlande sur la pratique internationale.

Les règles sur la prise de décisions par les actionnaires sont simplifiées également.

Actuellement, une résolution spéciale est nécessaire pour des questions importantes comme le changement de nom de la société, le changement d'adresse d'une province à une autre, les capitaux, les objectifs ou les statuts de l'association. Cette résolution spéciale doit être adoptée et ensuite confirmée par deux assemblées d'actionnaires successives.

Ladite double approbation prend au moins 21 jours et est la principale raison pour laquelle, dans la pratique, elle a été ignorée et contournée par des réunions antidatées.

Le nouvel amendement permettra l'adoption d'une résolution spéciale par une seule assemblée des actionnaires par au moins trois-quarts des voix des actionnaires présents et habilités à voter.

Enfin la nouvelle loi permet à un “partnership” existant (équivalent d'une Société en Noms Collectifs dans laquelle les obligations des associés ne sont pas limitées) d'être convertie en une société anonyme, sous réserve de certaines formalités.

Bien que ce changement représente une avancée pour les entrepreneurs thaïlandais, cela n'influencera pas vraiment les investissements étrangers. En effet, si on prend l'exemple des étrangers qui constituent une société afin d'acquérir un bien immobilier, ceux-ci préfèreront sans doute continuer de diviser les parts sociales entre plusieurs prête-noms afin de diluer le pouvoir de chacun de ces prête-noms.

22 nov 2007

Cas Pratique

Voici un ensemble de questions, qui m’ont été posées par un lecteur, auxquelles je vais m’efforcer de répondre.

Bonjour Julien,

Je suis tombé sur votre site ainsi que sur votre blog et vos explications claires et concises, tout comme vos remarques pertinentes, m’incitent à vous poser quelques questions qui peuvent également intéresser de futurs acquéreurs.

De nationalité Française, résidant en France (Nice) et venant 2 à 3 fois par an en Thaïlande depuis plusieurs années, j’ai créé une société Thai en décembre 2005 (nous détenons 49 % des parts et j’en suis le président) qui possède, aujourd’hui, un terrain de 2000 m2 sur une plage à Koh Samui.  Pour des raisons financières, j’ai décidé d’y construire 2 maisons :
• une maison, à l’arrière du terrain, avec vue sur la mer que nous allons vendre   
• et une deuxième – les pieds dans l’eau - destinée à la location haut de gamme (la vente de la première nous permettant de compléter le financement de la deuxième et d’investir dans la foulée à Phuket).

Pour cela, je m’apprête à diviser, auprès du Land Office, notre terrain en 2 chanote distincts : Chanote N° 1 de 500 m2 (pour la maison destinée à la vente) et un Chanote N° 2 de 1500m2 (pour celle en bord de plage)

Plus j’avance dans le projet (nous allons signer les contrats avec les architectes et le constructeur) plus se posent à moi des questions de tout ordre :

Question relative à la formation d’une société Thaï, des répartitions des parts et des représentants/“décideurs”

Suite aux remous du Foreign Business Act, je me suis inquiété auprès de notre avocat, lequel m’a assuré que tous les cabinets en Thaïlande travaillaient sur une solution suite aux dits changements de loi  et qu’un “autre montage” serait toujours possible...
Mais voilà.... Au fil des mois et à l’usage, je ne suis pas entièrement satisfaits de ce cabinet qui est constamment débordé et je n’arrive pas à savoir s’ils font un suivi rigoureux de notre dossier.

Vous qui êtes chaque jour confronté à ce problème, quel est votre sentiment ?

- Qu’en est il à ce jour ?    j’ai lu sur le web que les étrangers qui possèdent déjà une société de droit thaï avec des partenaires "fictifs" ont jusqu'à 2 ans (à partir de quand ???) pour régulariser leur situation. 
Est ce vraiment le cas ?

- Qu’elle est, selon vous à ce jour; le montage le plus efficace afin d’être en règle avec le pays ?

Deuxième question : Comment devons nous nous y prendre pour vendre cette maison ?

Devons nous constituer une nouvelle société, ou alors pouvons nous tout simplement effectuer cette transaction à travers notre société ??

Concernant les transferts de fonds & Taux de change.....

- Transferts de fond et change : comment effectuer ces opérations en perdant le moins possible au change (vu l’importance des sommes engagées) ?

- Quelles démarches suivrent pour être sur d’obtenir le document < Thor Tor 3 > qui me permettra de justifier mes investissements dans le pays et de pouvoir ressortir à concurrence la même somme le cas échéant ?

- Dois-je ouvrir un compte en Thaïlande au nom de ma société ? Ou bien en mon nom propre ?  (On m’a dit que si je voulais un jour “ressortir” légalement les sommes investies, le détenteur des fonds en France doit être le même qu’en Thaïlande – est ce exact ?  En France les fonds sont à mon nom propre...)

De plus j’ai lu la chose suivante sur votre site et souhaiterais savoir si je ne risque rien  :
En vertu de cette nouvelle réglementation, toute devise étrangère échangée en baht pour un montant de plus de 20,000 USD doit faire l’objet d’une retenue de 30 % pour une durée minimum d’un an à l’exception des transactions suivantes :
# Investissement étranger direct définis en tant qu’investissement de non-résidents dans des entités locales dans lesquelles l’investisseur détient au moins 10 % du capital et détient un pouvoir de management,
# Investissement dans l’immobilier (terrains ou condominiums, excepté fonds d’investissement immobilier

Je vous remercie par avance, des réponses que vous voudrez bien m‘apporter.

Bien cordialement

Gérard F.


Merci pour les compliments, voici mes réponses:

Tout d’abord, je n’ai jamais rencontre Me Perasit, je ne peux donc juger. Il a d’ailleurs, à ce que j’en sais, plutôt bonne réputation.
Mais je sais qu’en Thaïlande, où le droit n’est pas encore bien défini, les avocats manquent parfois un peu de « vécu »; à leur vision théorique, il est bon d’ajouter les connaissances acquises de façon empirique de l’homme d’affaire.

Je vais donc répondre point par point à vos questions.

  1. La formation d’une société de droit Thaï
    Tout d’abord il faut casser un mythe : le FBA n’a pas jusqu’à présent pas été amendé.
    Sur ce point, comme sur bien d’autres, nous sommes forcés d’attendre les élections du 23 décembre 2007 et la constitution d’un nouveau gouvernement.
    Donc ne changez rien à la société déjà existante. Vous n’êtes absolument pas en situation irrégulière.
    Par contre, il vrai qu’il est maintenant plus compliqué de constituer une société. Disons pour résumer que maintenant vous devez trouver des associés qui soient crédibles.
    Par exemple, si vous monter une société au capital de 2 millions de Baht dans le but d’acheter un terrain d’une valeur de 5 millions et que votre partenaire fictif principal est un médecin qui gagne 100 000 Baht par mois, c’est plausible. Lorsque que vous allez passer au registre du commerce et au cadastre votre histoire tient debout, car, même si en fait votre prête-nom n’investit pas un Satang réellement, il est possible qu’il dispose de la somme investie.
    Par contre, si c’est votre femme de ménage qui gagne 5 000 Baht par mois que vous voulez faire figurer comme associé, là ça ne passera pas.
    On en revient donc à une règle incontournable des affaires en Asie : les Guan Xi (relations / connexions). Il vous faut trouver (donc connaître) des associés crédibles.
  2. La vente de la maison
    Là il s’agit plutôt d’un choix de stratégie. Je vais vous exposer celle que j’appliquerais si c’était mon affaire, mais cela ne veut pour autant pas dire que ce soit la seule ni la meilleure en toutes circonstances.
    Je vous conseille de monter une nouvelle société et d’y transférer la propriété de la parcelle que vous allez séparer de votre terrain initial de façon à avoir une société par terrain.
    Ainsi lorsque vous revendrez vos villas, la vente prendra la forme d’une cession de parts sociales. L’acquéreur achètera les parts qui lui permettent de contrôler la société qui possède le terrain. Au regard du cadastre, il n’y a pas de changement de propriétaire (c’est toujours la société) donc pas de transfert de propriété où on risque de vous poser des questions (Qui sont les actionnaires ? D’où vient l’argent ?) et donc pas de frais ni taxe de transfert.
    Au passage, on parle de réévaluation de la grille d’estimation sur laquelle est basée la taxe de transfert de propriété. Donc il vaut mieux transférer votre terrain sur la nouvelle société maintenant plutôt que d’attendre de le moment de la revente où le montant de taxation sera plus important.
    Par ailleurs, vous pouvez aussi mettre la construction de la maison à votre nom de façon à réduire votre imposition (en gardant quand même à l’esprit que la différence entre l’évasion et la fraude fiscale tient à l’épaisseur des murs d’une prison). C’est-à-dire qu’au moment de la revente vous pouvez brouiller les pistes en vendant un terrain qui appartient à une société d’un côté et une construction en nom propre de l’autre. Il est un peu plus difficile à l’administration fiscale de savoir quel était le prix global.
    Aussi cela rassure certains acheteurs de savoir qu’ils ont « quelque chose » en leur nom propre.
  3. Transfert de fonds et taux de change
    1. Concernant le risque de change, normalement quand vous envoyez des Euros sur un compte normal d’une banque thaïlandaise vous ne pouvez pas les conserver en Euros plus de quelques jours. Vous devez les convertir en Baht.
      Cependant la Bank Of Ayudhya propose aux résidents des comptes en devises étrangères (USD, EURO).
      Il faut pour être éligible montrer un permis de travail en cours de validité.
    2. Foreign Exchange Transaction Form (Tor Tor 3)
      Voilà comment les choses se passent d’ordinaire dans les transactions auxquelles j’ai participé.
      Quand des clients m’envoie de l’argent (ou envoie de l’argent sur le compte de leur société Thaïe), la Banque Centrale de Thaïlande m’appelle dès l’arrivée des Euros en Thaïlande (avant de les convertir en Baht) et me demande l’explication de ce mouvement. J’explique que c’est pour un investissement étranger (au besoin j’établi les documents pour les cas particuliers), alors la Banque Centrale envoie l’argent à la banque locale destinataire des fonds. Puis la banque locale m’envoie une copie (puis l’original quelques jours plus tard) du « Foreign Exchange Transaction Form » autrefois appelé Tor Tor Sam (3).Je peux donc faxer cette copie au client immédiatement après réception des fonds et conserver l’original pour l’envoyer par courrier ou le remettre en main propre quand il viendra en Thaïlande.
      D’après mon expérience cela ne fait pas de différence que vous envoyiez l’argent de votre compte personnel en France vers un compte personnel en Thaïlande ou bien un compte de société (dans ce dernier cas vous pouvez tout simplement établir un contrat d’emprunt de votre société envers vous-même). Cependant il faut veiller à conserver votre compte personnel en France pour que, lorsque vous rapatrierez l’argent l’administration Thaïe voie qu’il s’agit bien de la même origine.
      Dans votre cas, et si vous optez pour mettre la construction a votre nom, vous pouvez payer votre entrepreneur directement par virement depuis votre compte français et lui demander qu’il s’occupe d’obtenir pour vous le Foreign Exchange Transaction Form.
    3. Concernant la retenue de 30%, cette loi ne s’applique en principe plus au domaine immobilier et ce depuis février 2007.
      Cependant, il est vrai qu’en début d’année il valait mieux que le nom du compte expéditeur et destinataire des virements soient le même pour éviter de se voire appliquer cette règle. Maintenant, je ne pense pas que cela soit encore nécessaire.

03 nov 2007

Les titres de propriété en Thaïlande

Il existe 4 titres de propriété légaux en Thaïlande :

  1. Sor Kor 1 :
    Ce titre indique que le propriétaire a un droit sur le terrain. En 1955, le gouvernement a notifié aux propriétaires de terrain classé SK1 d’avoir à faire une demande au Land Office pour classer ces terrains en Nor Sor 3 ou en Nor Sor 3 Kor. Mais un grand nombre de propriétaires n’ont pas fait cette démarche en 1955.
  2. Nor Sor 3 :
    C’est le 2e niveau des titres au-dessus de SK1, qui spécifie les limites du terrain par rapport au voisin, approximativement. La superficie du terrain est appréciée, mais pas mesurée.
  3. Nor Sor 3 Kor :
    C’est le 3e niveau des titres. La superficie du terrain est mesurée par un géomètre, avec un instrument équipé d’une caméra. En pratique, ce titre est plus officiel et a plus de valeur que le NS3.
  4. Chanot :
    C’est le titre le plus haut placé dans la hiérarchie juridique. La superficie en est déterminée avec précision en utilisant un satellite GPS de façon à connaître les limites exactes de la propriété. Ce titre est accepté en nantissement par les banques. Les Chanot proviennent des NS3 et NS3K.

A côté de cela il y a plusieurs types de titres donnant des droits qui relèvent plutôt de la possession sans titre ou de la propriété par prescription acquisitive.
Parmi eux, le Phor Bor Thor qui est souvent hâtivement traduit par « terrain agricole ».

Phor Bor Thor

La signification de PBT est : Local Maintenance Tax (qui pourrait se traduire par taxe locale d’entretien).
Le terrain PBT est en gros un terrain alloué par le gouvernement Thaï à une personne qui en a fait la demande auprès du Tessabaan Office ou  de l’Aor Bor Tor Office et qui l’exploite sur le plan agricole : plantation d’hévéas ou autres, ferme ou agriculture.

Toute personne qui a reçu ce document a le droit de cultive ce terrain mais doit payer chaque année une taxe de 8 à 15 Baht par rai (= 1 600 m² de terrain).

En résumé.
Toute personne en possession de ce PBT, est autorisée à en faire :

  • Une plantation d’hévéas ou toute autre sorte de plantation,
  • Une ferme,
  • Une exploitation agricole,
  • Une construction temporaire pouvant être facilement démontée, ou
  • Un abri temporaire sans fondation en béton.

Toute personne en possession de ce PBT n’a pas le droit de :

  • De mettre une structure fixe permanente, une construction ou un bâtiment,
  • De construire une maison, une villa, une piscine etc…ce qui nécessite l’obtention d’un permis de construire par le Tessabaan ou Aor Bor Tor Office,
  • Aucune construction permanente en béton.

Conclusion :
Le PBT 5 ne peut légalement obtenir de permis de construire et n’a pas le droit de construire un bâtiment pour lequel un permis de construire est légalement nécessaire.

Ces renseignements nous ont été gracieusement communiqué par Me Lucien Rodriguez du Cabinet Vovan que vous pouvez contactez à l’adresse suivante :

Lucien Rodriguez
Director
Synergies & Co., Phuket Ltd.
Marina Boat Lagoon Office Unit 39/4 -5 Moo 2 Thepkasattri Rd T.Kohkeaw Phuket 83000 Thailand
Tel/Fax: 66 (0) 76 273 511 Mob: 081 893 32 12 # 081 968 0230
Partner: www.vovan-associes.com
E-mail: scphuket@yahoo.com

PS : Vous pourrez également trouver des informations relatives au droit immobilier Thaïlandais dans la section droit de notre site d’agence : www.phuketimmo.com.

10 oct 2007

Décision de justice rendu en faveur du renouvellement de bail

M. Grégory Placé (gregory@legalthai.com), avocat associé au cabinet de McEvily & Collins, a trouvé un jugement de la Court Suprême de Thaïlande en faveur d’un preneur de bail dans un cas de renouvellement de bail à long terme.

Dans cet arrêt de 1990 (No. 748/2533- jurisprudence « Deeka ») la Cour Suprême statuait le cas d’un propriétaire qui refusait de renouveler un bail de 10 ans à l’issue de celui-ci, alors qu’une clause du contrat prévoyait le renouvellement pour une nouvelle période de 10 ans. La Cour a contraint le bailleur au renouvellement.

Jusqu’à présent les propriétés vendues aux étrangers le sont soit au travers d’une société de droit thaïlandais soit sous forme de bail emphytéotique, typiquement de 30 ans renouvelable 2 fois.
La loi thaïlandaise impose l’enregistrement au cadastre (Land Department) de tout bail d’une durée supérieure à 3 ans et limite la durée maximum des baux à 30 ans. C’est pourquoi la plupart des promoteurs ont recours au système des « baux renouvelables », c’est-à-dire de baux dont le renouvellement est explicitement prévu et défini par certaines clauses du contrat.

La loi ne prévoit rien quant au renouvellement du bail. Elle ne l’interdit ni ne l’autorise expressément.

Or, tant qu’aucune loi ou jugement ne vient en contradiction de cet arrêt, celui-ci fait jurisprudence et conduit à garantir le droit du preneur de bail à long terme.

Dans le contexte politique actuel, les homes politiques pourrait considérer cette solution comme une alternative à légiférer.
En effet, si la Thaïlande a gravement besoin de laisser les étrangers posséder des biens immobiliers, voter une loi dans ce sens serait impopulaire et compromettrait la carriere politique de son auteur.
On peut donc penser que le gouvernement ne présentera pas de loi dans un future proche mais laissera le juge renforcer les droits des étrangers d’une façon qui passerait inaperçue.

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