D’après les statistiques de la Banque de Thaïlande, le tourisme a contribué à 9% du PIB du pays en 2005 et les arrivées de touristes internationales ont atteint les 13,4 millions en 2006.
Historiquement, les touristes demeuraient dans des hôtels, mais suivant une tendance globale, il y a une demande croissante de location de villas ou d’appartements. Il y a aussi une demande croissante de la part des touristes pour acquérir leur propre demeure en Thaïlande.
D’après David Simister, Président de CB Richard Ellis Thaïlande, « la promotion immobilière est une extension du l’industrie touristique et un élément important pour attirer des touristes à haut revenus.
L’Espagne est un bon exemple de pays qui a utilisé sa popularité en tant que destination touristique pour devenir la destination favorite pour les résidences secondaires en Europe. L’Espagne a attirée 56 millions de touristes en 2005.
Une étude sur le logement conduite par le gouvernement britannique montre que 231 000 foyers britanniques possèdent une résidence à l’étranger dont 27% en Espagne. Posséder une résidence secondaire dans un pays étranger est aussi populaire dans beaucoup d’autres pays d’Europe du Nord et de Scandinavie avec encore une fois l’Espagne comme destination favorite.
Cependant les coûts en Europe augmentent ; que ce soit pour l’achat d’une propriété ou le coût de la vie ; alors que la qualité de vie s’améliore en Thaïlande. Le prix des vols a diminué et la distance n’est plus un obstacle. Avec l’émergence de compagnie aérienne à bas prix, il est possible de passer un week-end à Phuket en venant de Hong Kong ou Singapour. De même quelqu’un résident en Europe peut-il se rendre en Thaïlande plusieurs fois par an pour jouir de leur résidence secondaire.
Bien que des particuliers avaient déjà construits leur résidence de vacances à Phuket depuis de nombreuses années, le premier projet significatif ciblant les étrangers était le projet d’appartement « Allamanda », lancé dans la Baie de Bangtao à Phuket en 1991. La plupart des acheteurs étaient alors basés à Hong Kong et Singapour. La crise de 1997à interrompu cette tendance, mais l’activité a reprise en 2000 et s’est développée rapidement depuis.
M. Simister pense que les économies locales profitent de la construction de résidences secondaires. Les propriétaires et locataires de ces demeures ont tendance à rester plus longtemps et à revenir plus souvent. Ils utilisent des détaillants, des sociétés de maintenance et autres entreprises locales. Les autorités locales elles aussi en profitent par le biais des impôts fonciers prélevé sur les locations. D’autre part, la propriété réduit la volatilité des arrivés de visiteurs puisque les étrangers ont intérêts à utiliser leur demeure plutôt que d’aller vers d’autres destinations.
Mais M. Simister dit qu’il a des défis à relever pour développer la promotion de propriété de vacances, surtout dans le domaine de la protection de l’environnement pour la destination demeure attrayante sans toutefois rendre les restrictions tellement onéreuses que tout projet devienne impossible.
L’un des obstacles au développement du marché Thaïlandais réside dans les restrictions trop strictes à la propriété par un étranger et à l’interdiction de prêter à des acquéreurs étrangers. A l’heure actuelle, d’après la loi Thaïlandaise, les étrangers ont le droit d’acheter 49% de la surface d’un projet de « condominium » (appartements). Par contre les étrangers ne sont pas autorisés à posséder du terrain et la durée maximum d’un bail est de 30 ans, bien que les promoteurs puissent offrir l’option de renouveler le contrat et étendre ainsi la durée du bail à 90 ans. Dans beaucoup de stations balnéaires, la demande locale en appartement de luxe ne suffit pas à absorber les 51% de quota Thaï dans les projets de condominium. L’option restant aux promoteurs est de proposer des baux de 30 ans, avec option de renouvellement, sur les unités de quota Thaï. Les baux de 30 ans ne sont pas aussi attrayants qu’un titre de propriété. Ils sont relativement difficiles à revendre du fait de leur courte durée. Jusqu’à présent les acquéreurs de condominiums n’ont pas le droit d’avoir recours à un emprunt, puisque la règlementation stipule que les fonds servant à l’acquisition d’un condominium doivent entièrement provenir de l’étranger et être libellés en devises étrangères.
Dans le passé d’autres pays asiatiques étaient aussi restrictif, mais à présent d’autres pays ont ouvert leur marché de l’immobilier et bien que la Thaïlande ait eu une longueur d’avance au départ, cette position risque d’être érodée alors que plusieurs pays proposent des dispositions plus alléchantes.
Par exemple, la Malaisie a limitée les règlementations sur la possession de propriétés par des étrangers. Celles-ci est réglementée par le Comité sur l’Investissement Etranger (Foreign Investment Committee ou FIC). Chaque acquisition par un étranger doit être approuvée par le FIC. Cependant, il ne s’agit que d’une formalité et l’approbation est rarement refusée. La seule contrainte est que la propriété doit valoir plus de 150 000 Ringgits Malaisiens (l’équivalent de 1,5 millions de Baht). Les étrangers sont autorisés à emprunter pour financer leur acquisition. La Malaisie promeut aussi un programme spécial intitulé “Malaysia My Second Home.” (Malaisie ma 2e demeure). Le gouvernement malais accorde un visa de 10 ans aux citoyens de tout pays qui ouvrent un compte fixe d’un montant de 300 0 000 Ringgit (environ 65,000 €) dans une banque malaisienne et le droit d’acheter 2 maisons d’une valeur égale ou supérieure à 150 000 Ringgit chacune (environ 32,000 €).
Le Vietnam offre aux acheteurs des baux de 50 ans et la Chine offre aux étrangers une période de bail de 70 ans maximum pour un usage résidentiel.
A Singapour il n’y a pas de restriction pour les étrangers à la possession d’appartement mais, concernant les terrains, les seules propriétés disponibles se trouvent sur l’île de Sentosa.
(Voir aussi un de mes précédents articles sur le sujet sur http://asilverston.blog.lemonde.fr/2005/07/25/2005_07_singapour_facil/).
CBRE affirme que c’est la raison pour laquelle le gouvernement Thaïlandais doit changer de position s’il ne veut pas que le pays perde son avantage sur le marché régional.
« La politique du gouvernement Thaïlandais se concentre sur une croissance touristique en qualité et non pas seulement en quantité avec l’objectif d’accroître le montant dépensé par les touristes individuels et d’étendre la durée des séjours »
déclare le représentant de la société de courtage en immobilier. Et il continue :
« La vente de résidences de vacances permettra d’atteindre en même temps les 2 buts. Les résidences de vacances seront un catalyseur dans le reclassement du type de séjour de longue durée du routard au milliardaire ».